L’expérimentation du cannabis thérapeutique : Une première en France

L’expérimentation du cannabis thérapeutique : Une première en France

Tout savoir sur le cannabis thérapeutique

Évidemment, beaucoup vont faire un lien direct entre le « joint » et le cannabis thérapeutique, alors que cela n’a rien à voir. 
On peut extraire de la plante qu’on appelle le chanvre, de nombreuses molécules dont les effets sont très différents. 

En particulier, on connaît le THC qui est justement la molécule qui fait « planer » mais le CBD, l’autre molécule importante, n’est pas un psychotrope et c’est celle-ci qui est utilisée dans le cannabis thérapeutique.

D’ailleurs, en aucun cas le cannabis thérapeutique ne sera « fumé » mais simplement inhalé à l’aide de dispositifs spécifiques ou ingéré sous forme d’huile végétale.

Pourquoi cette expérimentation ?

Le professeur Nicolas Authier président du comité scientifique temporaire sur le cannabis à usage médical précise qu’il s’agit d’abord « d’évaluer les dispositifs d’accès à ce médicament » puis espère qu’avec « cette nouvelle thérapeutique, nous pouvons apporter aux patients une amélioration de la qualité de vie ».

En effet, la France était un peu à la traîne en terme de traitement à base de CBD ou cannabidiol. Les Pays-Bas ont en effet commencé les expérimentations dès 2003 puis ont été suivis par 22 pays européens sur 27.

Le but principal est de déterminer si les molécules de CBD sont capables de soulager les patients par des moyens thérapeutiques plutôt que grâce à des antalgiques chimiques.

Entre autre, les médecins vont administrer du cannabis thérapeutique aux personnes atteintes de douleurs neuropathiques réfractaires aux thérapies classiques, de certaines formes d’épilepsie sévères, aux malades atteints de cancers ou en soins palliatifs, ou encore, souffrant de scléroses en plaque. À terme, 4500 patients devraient profiter de l’usage de ces cannabinoïdes.

Qui est mobilisé pour cette expérimentation ?

200 centres ont été choisis pour commencer cette expérimentation et un rapport au Parlement sera remis 6 mois avant la fin de la période d’essai afin de déterminer si une extension  de l’utilisation du cannabis médical est possible dans le pays. La possibilité de ce type d’essais avait été d’ailleurs actée par la loi de financement de la Sécurité sociale de 2020.

Par ailleurs, il faut savoir que le cannabis médical dont on extrait le CBD répond à des standards pharmaceutiques précis et qu’il est prescrit uniquement par des médecins et délivré par des pharmaciens habilités.

Les conditions de réalisation de cette expérimentation ?

Pour l’instant, on expérimente les effets de la molécule issue du cannabis pendant 28 jours maximum mais l’ordonnance peut être renouvelée si un médecin formé spécifiquement le décide. 

Christelle Ratignier-Carbonneil, directrice générale de l’ANSM précise d’ailleurs qu’une formation courte de 2h30 avec validation obligatoire est proposée en ligne aux médecins et pharmaciens qui seront amenés à proposer ce cannabis thérapeutique.

Bien entendu, les molécules actives que sont le THC et le CBD seront précisément dosées avant d’être administrées.

Le médicament sera proposé sous deux formes :

– sommités fleuries de cannabis à vaporiser pour inhalation 

– huiles de CBD administrées par voie orale

La première prescription de cannabis médical en France 

Elle a été réalisée en Auvergne et c’est une première ! 

D’ailleurs, le ministre de la santé Olivier Vérand s’était rendu au CHU de Clermont-Ferrand pour annoncer : « C’est un jour important pour l’histoire de la médecine en France puisque notre pays, à compter d’aujourd’hui, commence à reconnaître dans le cadre d’un protocole thérapeutique le cannabis comme étant un membre à part entière de la pharmacopée française ». 

Actuellement, 170 hôpitaux travaillent à évaluer les bénéfices de cette médication pour des patients qui souffrent de maladies graves et de douleurs chroniques.

En fonction des résultats, la loi évoluera probablement pour autoriser plus largement le fait d’utiliser le chanvre et ses dérivés pour calmer les névralgies. 

Le ministre a précisé : « à l’issue de cette expérimentation, nous serons amenés à procéder à une évaluation scientifique et médicale rigoureuse, de l’efficacité des traitements et des effets indésirables éventuels, pour en étendre, je le souhaite, l’indication en population générale aux patients qui peuvent en relever »